Animaux solitaires, Bruce Holbert

Animaux solitaires, Bruce Holbert

♫ ♪  Bang bang, he shot me down, Bang bang, I hit the ground, Bang bang… ♫ ♪ ♫ 
Ouais voilà c’est un peu ça…. En fait, au chapitre d’introduction, Bang bang ♫, je tombe direct amoureuse, je me dis “Oulala ça commence bien” ou un truc du genre, vous voyez ? J’adore le personnage qui nous est présenté : Russell Strawl, l’ancien ‘police officer’ sauvage et sans états d’âme, aussi hargneux que les malfrats qu’il pourchasse sauf qu’il est du bon côté de l’étoile de shérif et que ça l’autorise à jouer de la gâchette sans craindre pour sa liberté. Et sa liberté, c’est bien ce qu’il a de plus cher, ça crève les yeux, à tel point qu’il prend même la liberté d’interpréter la loi à sa convenance et d’appliquer les sanctions (attention, euphémisme) qu’il juge adéquates. C’est là qu’on se rend compte d’ailleurs qu’il ne manque pas d’imagination, vous verrez, ça vaut le détour. Bref, Russell Strawl : un homme, un vrai ! Je m'apprête donc à le suivre aveuglément pour les 330 pages qui vont suivre…

Et là, flop, Bang bang ♫, dès le chapitre suivant mon enthousiasme est refroidi. J’ai vraiment eu du mal à rentrer dans l’histoire en raison du découpage narratif qui, selon moi, est relativement incohérent et du coup ma lecture a totalement manqué de fluidité et ça, ça m’agace rapidement. Par exemple un moment on nous dit que Strawl, en se retirant des affaires, a décidé de partager son ranch entre ses enfants alors qu’au moment où on lit ce passage, seule sa fille Dot nous a été présentée. Il a d’autres enfants ? Ah bon ? Qui ? Combien ? Comment est-ce possible, sa femme est morte ? Pas mal de pages plus loin on apprend qu’il a pris un seconde femme qui avait déjà un fils qu’il a adopté. Ok, vous allez me dire que ce n’est pas dramatique mais des comme ça, y’en a d’autres, et moi ça me dérange. 

Par ailleurs, l’intrigue policière est moins que convaincante et sa résolution présente très peu d’intérêt au final. Dommage. On pourrait se dire que ce n’est qu’un prétexte pour suivre les traces de Strawl, que ce n’est pas uniquement un roman policier, et c’est vrai, c’est plutôt un western noir, on y trouve aussi un fou de dieu et une quête d’identité quasi mystique mais ça n’arrange pas les choses, au contraire le récit (et mon attention avec) se perd trop souvent dans des digressions inutiles, références bibliques ou shakespeariennes. 
Bref, je suis déçue, je m’attendais à autre chose, surtout avec l’évocation de Cormac McCarthy en quatrième de couverture. D’un autre côté, il s’agit d’un premier roman, l’auteur va avoir le temps d’affuter son style, de le dépouiller petit à petit pour atteindre l’âpre pureté et l’essence de sauvagerie que j’aurai aimé trouver ici.


Une p'tite phrase au hasard : 

" Au bout d'un moment, les paroles ne sont plus que du bruit."

Quatrième de couverture : Comté de l'Okanagan, État de Washington, 1932. Russell Strawl, ancien officier de police, reprend du service pour participer à la traque d'un tueur laissant dans son sillage des cadavres d'Indiens minutieusement mutilés. Ses recherches l'entraînent au cœur des plus sauvages vallées de l'Ouest, là où les hommes qui n'ont pas de sang sur les mains sont rares et où le progrès n'a pas encore eu raison de la barbarie. De vieilles connaissances croisent sa route, sinistres échos d'une vie qu'il avait laissée derrière lui, tandis que se révèlent petit à petit les noirs mystères qui entourent le passé du policier et de sa famille.
À l'instar des romans de Charles Portis ou de Cormac McCarthy, Animaux solitaires mêle avec brio les codes du western et ceux des plus grands romans noirs. Un premier roman remarquable dont on ne pourra oublier le héros mélancolique qui rêve d'imposer la justice aux confins de la civilisation. Quel que soit le prix à payer.

Animaux solitaires, Bruce Holbert

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