Petit traité sur l’immensité du monde, Sylvain Tesson

Petit traité sur l’immensité du monde, Sylvain Tesson

Le monde est immense, et moi je suis grave à la bourre. Ça va faire un mois que j’ai fini ce petit traité et je suis à peine en train d’écrire ce billet. Shame on me !

D’un autre côté, avec Tesson, c’est toujours la même chose, je me dis qu’il faudrait vraiment mais vraiment vraiment vraiment que j’arrête d’écrire des billets dans lesquels je dis des trucs qu’après je fais pas, ouais, que je me sorte les doigts de quelque part et que je me mette un bon gros coup de pied au même endroit. C’est vrai merde, c’est quand même très con de se mettre soi-même en situation d’échec et de dire des trucs (ou pire, d’écrire des trucs) qu’on ne va pas faire et qu’on va regretter de ne pas faire et qu’on va se dire que merde il faudrait les faire etc etc… Bref, vous voyez le topo.

Par exemple, quand j’ai fini de suivre Sylvain sur les chemins noirs le 31 décembre dernier, j’ai trouvé judicieux - vu la période - de prendre la résolution pour l’année qui venait de partir moi aussi sur les petits sentiers, de faire le vide dans ma tête, d’écouter le silence, de me sentir toute petite face à l’immensité du monde et aussi de renifler la nuit sous les étoiles. Je n’imaginais pas une traversée de la grande diagonale du vide non plus hein, faut pas pousser (ne pas se mettre en situation d’échec je disais) mais juste un truc à mon niveau, je sais pas moi, une semaine sur un petit bout du Chemin de Compostelle, le plateau du Larzac, Conques, l’Aveyron, bref, du possible, du faisable, du balisé, du pas loin de chez moi en plus. Résultat des courses : l’année n’est plus si nouvelle que ça et qu’est-ce que j’ai fait de tout ça ? Rien. Procrastination sors de ce corps !! Va me falloir un exorcisme là, un sévère en plus.
Alors oui évidemment, je peux me trouver toutes les excuses du monde, j’avais un peu les chocottes de le faire toute seule (hou la peureuse ^^), j’ai mal au genou, je dois me faire enlever un kyste (hou la vieille ^^), je me suis heurtée à la bitchitude de la vie (ouais ben justement c’est l’idée, évacuer en marchant), il a fait trop chaud cet été (hou la suante ^^), il va faire trop vite nuit maintenant (hou l’emmerdeuse ^^). On est bien d’accord, tout ça, c’est du flan, excuses rejetées. Des plumes et du goudron, voilà ce qui m’attend et ce sera bien mérité. J’ai encore 2 mois pour éviter ça, Ô Tesson tu me fous la pression !

Pour en revenir à ce petit traité, il reste dans la lignée tessonesque, ça marche, ça pense, ça bivouaque, ça médite, ça lit, ça marche encore et encore, et parfois même ça prend le train, la moto ou ça grimpe sur le dos d’un cheval. Tiens, ici ça boit un peu moins qu’ailleurs, ou alors c’est pas écrit, on n’est pas obligé de tout écrire non plus. Quoi qu’il en soit, ça bouge, ça s’agite, ça ouvre les yeux, ça explore, ça découvre, ça s'émerveille ou ça se désole, et ça rencontre. On devrait tous faire un stage de Tesson au moins une fois dans sa vie moi j’dis.
D’ailleurs ici, on a carrément un mode d’emploi, surtout à partir du chapitre 11, franchement c’est facile, y’a qu’à tout faire comme c’est écrit. On a même la playlist des bouquins à emporter avec soi, que demande le peuple ?

Du coup, vous me voyez venir, puisque ça à l’air si simple, j’ai plus d’excuse et je vais être obligée de redire un truc que je vais très certainement regretter un jour : moi aussi je vais le faire (marcher et/ou me retirer quelques temps dans une foutue cabane). Et je vais en rajouter une couche : y’a un endroit où je dois absolument aller, le lac Baïkal, o-bli-gé ! (naaan mais quelle conne, quelle conne ! c’est pas possible ! dans quoi je me suis encore fourrée ? en plus des plumes et du goudron je vais finir au pain sec et à l’eau et privée de dessert pendant 78 ans ! Si c’est pas chercher les emmerdes ça…)

Conclusion, lire Tesson ça motive mais attention, ça fout les j'tons. Dépasse toi toi-même et le ciel t'aimera. Mouais, affaire à suivre ;)


Parfois il dit des trucs comme ça (et ça me rend dingue) :
"Vivre, c'est faire de son rêve un souvenir."


Quatrième de couverture : Sylvain Tesson parcourt le monde. Dans les steppes d'Asie centrale, au Tibet, dans les forêts françaises ou à Paris, il marche, chevauche, escalade, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, construit des cabanes. Cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement. Dans nos sociétés de communication, il en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux.Ce Petit traité sur l'immensité du monde est un précis de désobéissance naturaliste, une philosophie de poche buissonnière, un récit romantique contre l'ordre établi.


Commentaires

  1. T'as qu'à venir te faire exorciser dans mon coin. Tu vas voir qu'à moins 30 degrés, le vide dans la tête, il se fait (pas le choix avec les neurones gelées).

    J'ai bien envie, moi, d'un stage de Tesson. Surtout d'une cabane dans le bois pour faire le vide, arrêter de courir et d'avoir la langue à terre, et lire lire lire. Avec une sauterelle dans les pattes, ce n'est pas simple (à moins que je ne l'abandonne dans la forêt?). Au moins, je peux faire check dans ma liste. La maison isolée dans la forêt, l'hiver, à chauffer au bois, je l'ai vécu à 22 ans pendant 6 mois. J'ai eu tellement peur (tsé, les méchants violeurs en skidoo?!) que je dormais le jour et vivais la nuit. Mais étant maintenant une vieille coriace, plus grand chose me fait peur maintenant et je fantasme de retenter le coup.

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    1. Ben c'est déjà prévu mon exorcisme par chez toi non ? Tu peux prendre rendez-vous avec le chaman pour septembre prochain, j'y serai !

      Et sinon, c'est vrai ça madame Couette t'as déjà tâté d'la cabane ? Alors là, respect !
      Mais de quoi avais-tu peur, il y a tellement de monde au fond des bois chez vous ? (remarque oui c'est connu, vous avez tous les cabanes au canada ;)

      Si tu veux on le refait ensemble, on montera la garde à tour de rôle au coin du feu sous les étoiles, j'adorerai jouer à ça !!!

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  2. Je suis quand même déçu d'apprendre qu'on y boit moins dans ce livre. Du coup, il redescend d'un cran dans ma pal ! :-))

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    1. C’est dommage ça monsieur Bison, justement c’est un mode d’emploi mais après rien ne t’empêche de te pointer avec ton sac à dos glacière et ton décapsuleur lampe torche...

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    2. Ne t'inquiète pas... Je le lirais quand même... Faut juste que je regarde avant le niveau de ma bouteille de vodka, histoire de voir si j'ai la place d'en mettre une seconde dans le congélo... C'est quand même un Tesson !!!

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    3. J’aime mieux ça, se serait dommage de se priver d’un voyage au motif que la monture carbure à l’herbe, d’autant que tu prévois toujours ton propre carburant, congelé ou non ;)

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